cheffe n. f.
◆ (forme féminisée de chef) Femme qui est à la tête de (qch.), qui dirige, commande, gouverne. La cheffe du département*.
1 « I. B. est cheffe du département Culture et Musique d’Espace 2. » Le Nouveau Quotidien, 22 février 1993, Supplément L’Agenda, p. 22.
2 « RÉPUBLIQUE ET CANTON* DU JURA / Service du personnel / Le Département* de la Coopération, des Finances et de la Police met au concours le poste de / • chef(fe) de la Trésorerie générale » Le Pays, 4 mars 1993, p. 26.
3 « Le Conseil* fédéral a nommé Mme M. v. Gr. ambassadrice de Suisse en Égypte. Elle est actuellement […] cheffe de la division politique III (politique de paix, sécurité et désarmement). » Le Nouveau Quotidien, 25 avril 1993, p. 13.
4 « AVS* : la cheffe du Département* de l’intérieur, R. D., a apaisé les craintes relatives à l’avenir de l’assurance
vieillesse […]. » La Suisse, 16 juin 1993, p. 5.
5 « “Le retrait de la Suisse face à ses responsabilités internationales n’est sûrement
pas le meilleur moyen d’assurer à notre pays un avenir de sécurité”, a relevé la cheffe du Département* fédéral* de l’intérieur. » Le Nouveau Quotidien, 24 juin 1993, p. 10.
6 « Sa cheffe a ordonné une enquête interne qui sera effectuée par l’Office fédéral* du personnel. » L’Hebdo, 24 juin 1993, p. 20.
7 « Afin de succéder à J.-B. B., récemment désigné chef de la Trésorerie générale de la
République et Canton* du Jura suite à l’annonce de la retraite anticipée de G. T., le Gouvernement jurassien
a nommé G. B., cheffe du Service des contributions. » Le Quotidien jurassien, 1er juillet 1993, p. 7.
8 « Le Sonntagsblick d’hier affirme tenir la nouvelle (que l’on attendait beaucoup) de la bouche même
de R. D., la cheffe du Département* fédéral* de l’intérieur. » Le Nouveau Quotidien, 4 octobre 1993, p. 25.
9 « La direction de la TÉLÉVISION SUISSE ROMANDE cherche à repourvoir le poste : CHEFFE / CHEF DE PRESSE […] Souhaitant promouvoir l’accès des femmes aux postes de cadres, la direction de
la TSR encourage vivement les personnes qualifiées à postuler. » Mardi+Emploi, 23 novembre 1993, p. VI.
10 « […] contre l’avis des Verts, de la gauche, des indépendants et de R. D., cheffe du DFI [= Département* fédéral* de l’intérieur], les partis bourgeois* commencent par réduire le droit de recours des associations nationales. » L’Express, 1er décembre 1993, p. 3.
11 « Dans la gestion de son entreprise, J. R. suit quelques règles simples. Tout d’abord
l’écoute, essentielle quand on assume la tâche de cheffe d’entreprise. » Le Nouveau Quotidien, 6 décembre 1993, p. 15.
12 « Grande banque de la place (Genève) cherche, pour entrée immédiate ou à convenir / un(e)
chef(fe) du personnel » 24 heures, 28 février 1994, p. 22.
13 « Si j’étais votre cheffe, je vous concocterais un programme light pour cette semaine. » Tribune de Genève, 29 mai 1995, p. 44.
14 « La cheffe de gare de Fribourg aurait mérité la prime de 100 fr. » La Liberté, 7-8 septembre 1996, p. 13.
↪ V. encore s.v. syndic 1.
◇ (Critiqué par certains :)
15 « Mais, est-ce une raison pour transgresser la grammaire ? Car les masculins se terminant
par “f” font au féminin “ève” […] d’où chef / chève [sic]. Choisissez entre ce caprin ridicule ou le masculin, mais de grâce épargnez-nous
ce “cheffe” indigeste. » Courrier des lecteurs, Le Nouveau Quotidien, 17 janvier 1994, p. 4.
16 « “Cheffe”, par exemple, me paraît curieux. Si on voulait féminiser ce mot selon les règles,
on devrait dire “chève” [sic]. Par ailleurs, personne ne parle de “proffe”. » Interview avec André Goosse, Le Nouveau Quotidien, 7 mars 1994, p. 21.
17 « Question féminisme, J. M.-M. revendique l’appellation “conseillère* d’état”, mais elle se distancie du vocable “cheffe” d’un département*. » Journal de Genève et Gazette de Lausanne, 3 février 1997, p. 11.
Remarques. Sur l’usage en français de France, cf. NPR 1993 : « Le fém. est employé par familiarité ou pour des fonctions techniques : la chef. […] La R.A.T.P. se targue d’avoir “une” chef d’atelier d’entretien du réseau ferré (Express, 1989) ». Au Québec, les dictionnaires d’usage donnent le mot comme épicène (v. DFPlus 1988 ;
DQA 1992), mais uniquement sous la forme chef (cheffe n’y est pas usité, malgré GrevisseGoosse13, p. 750, qui transcrit ainsi une attestation orale) ; de même en Belgique, où le
décret sur la féminisation, entré en vigueur en janvier 1994, suggère une chef.
Commentaire. Création suisse romande, d’apparition récente mais assez répandue dans la presse ;
critiquée par certains (v. ci-dessus), cette forme semble toutefois s’être imposée
chez plusieurs journalistes et dans certaines administrations. L’emploi de la forme
chef avec un déterminant féminin (une chef, la chef), en usage au Québec et en Belgique, est inusité en Suisse romande.
Bibliographie. DFPlus 1988 ; DictFémMasc 1991 ; DQA 1992 ; GrevisseGoosse13 ; NPR 1993 ; FémBelg 1994.
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